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Didier Lapene

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Ancien élève de l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, Didier Lapène a complété cette formation renommée en bénéficiant d’un important séjour à la Casa Velázquez de Madrid. Fort d’une connaissance éprouvée du métier de peintre, il a développé une approche du paysage originale et libérée des contingences formelles de notre époque. Renouant avec l’ambition des artistes abonnés au pleinairisme, il pose régulièrement son chevalet devant le motif et décline en de multiples études les vastes panoramas qu’il ambitionne de décrire. Attiré par les espaces marins qui bordent la côte basque jusqu’aux dunes de la

mer du nord, Didier Lapène a entamé depuis plusieurs années un travail important en Bretagne.


Fasciné par l’horizon immense qui se déploie au large des côtes de Camaret, il exerce son art avec patience et ténacité, recherchant selon la formule célèbre de Cézanne, « la petite sensation », qui transfigure la réalité du paysage. Guidé par les sites de cette célèbre avancée de la presqu’île de Crozon, Didier Lapène a ainsi composé une extraordinaire partition colorée qui entremêle falaises rocheuses, plages ourlées ou vertes prairies dévalant vers l’océan. Durant tout l’été 2022, le musée des Beaux-Arts rassembla plus de cent vingt œuvres inédites, véritable somme d’une quête picturale qui ravive aussi le souvenir de quelques illustres aînés comme Camille Corot, Eugène Boudin ou Paul Signac.Depuis plusieurs années, Didier Lapène ausculte patiemment les confins de la presqu’île de Crozon, heureux d’avoir découvert l’escale rêvée de tout peintre souhaitant affermir l’art du paysage. Son choix, loin de paraître dicté par le hasard, découle d’une connaissance fine d’un petit nombre d’ingrédients nécessaires à l’épanouissement du regard. Aux abords de Camaret, la côte déroule des espaces sauvages, alternant falaises rugueuses et longues plages avec pour frontière la solitude immense de la mer d’Iroise. Et puis, partout, un ciel toujours différent qui raconte les passages des saisons comme les humeurs du temps, suscitant chez l’artiste la prescience d’une harmonie naturelle qui est aussi un éternel recommencement.


Didier Lapène appartient à cette génération d’artistes indépendants qui échappe aux classifications sommaires. Ainsi que les peintres de l’école de Barbizon l’avaient pressenti, il travaille à la représentation du visible afin d’en mieux saisir les formes impalpables, conscient d’une vie intérieure qui irrigue de secrètes présences : murmure de l’air, palpitation de l’eau, reflets des rayons solaires, effets ouatés de la brume, bruissement des grains de sable, entrechoquement des galets…


Texte de Guillaume AMBROISE

Conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts de Quimper

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